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Confinement.32

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Vendredi 17 avril. Confinement, jour 32. Je suis triste. Aline est orpheline. Son papa est parti rejoindre Les Paradis Perdus avec Les Marionnettes, sûrement pour aller chanter des Mots Bleus à la Petite Fille du Soleil. Alors j’ai pleuré, pleuré, parce que j’avais trop de peine… « Mais arrête de chialer merde, je supporte pas cette sensiblerie ! » C’est ainsi que mon père m’engueulait quand j’étais petiote. Pas vraiment des mots bleus, c’est sûr. Mais bon. C’était sa façon à lui. Du coup, sans doute par pur esprit de contradiction rebelle, je suis devenue « eune breillousse », comme on dit chez nous. A moins que dans l’enfance, la dureté paternelle n’ait exacerbé à tout jamais mon hypersensibilité, déjà bien frappée depuis le jour de ma naissance. Va savoir. En tout cas, il ne me faut jamais grand-chose pour déclencher un dégât des eaux. Ca au moins, c’est un truc qui fonctionne très très bien chez moi. Particulièrement en ce ...

Confinement.29

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Mardi 14 avril. Confinement, jour 29. « Papa ! Papa ! C’est encore loin la plage ? - Tais-toi et nage. » (histoire de Toto qui ne fait plus rire personne) Mesdames et messieurs. J’ai la tristesse et le regret de devoir vous annoncer la perte fâcheuse et simultanée (mais espérons-le provisoire) de mon moral et de mon sens de l’humour. Cette double disparition, survenue sournoisement, est à déplorer depuis vendredi dernier. Je pense qu’ils ont lâchement profité de ce que j'avais le dos tourné pour se faire la malle par la fenêtre du salon, au moment de la fiesta boum boum de la voisine d’en face et des applaudissements de 20 heures. Il y avait bien un petit faisceau d’indices concordants depuis quelques jours, et mon yoyo émotionnel en pleine forme avait déjà tenté une incursion surprise (mais heureusement écartée vigoureusement) dès le jeudi après-midi - une stupide montée des eaux, tout aussi inexplicable qu’incontrôlable, ...

Confinement.23

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Mercredi 8 avril. Confinement, jour 23. Poil au Corona, haha ! 😈😈😈 Alors voilà ! Ca y est ! Youpiii ! Non hélas, désolée de vous décevoir, ce n’est pas encore la fin du confinement. Ca se saurait. Pardon pour la fausse joie. Mais aujourd’hui, après 22 longues et interminables journées de stricte obéissance, loyale et sans faille, je suis enfin sortie de chez moi et j’ai repris UNE VIE NORMAAAAALE ! Oui, enfin normale… ça reste encore à prouver. La préparation de cette première sortie depuis lulure fut digne d’une Mission en Antarctique de Jacques-Yves Cousteau (1974, Partie II, Le vol du Pingouin - ma sœur comprendra). Quelle aventure ! J’avais l’impression de préparer ma valise pour un « Rendez-vous en Terre Inconnue » et je m’attendais à ce que Frédéric Lopez sonne à ma porte d’une seconde à l’autre pour m’emmener à l’aéroport. Entre mon attestation à remplir, mon masque fabrication maison et mes gants de Schtroumpfette réu...

Confinement.21

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Lundi 6 avril. Confinement, jour 21. Et ça continue, encore et encore… C’est que le début d’accord, d’accord… (Francis Cabrel) 21 jours… Saviez-vous que pour adopter une nouvelle habitude de vie, il fallait environ 21 jours ? D’éminents psychologues auraient même réussi à démontrer que notre cerveau a besoin de ces 21 jours pour que cette nouvelle habitude devienne un automatisme, et qu’une fois ce délai passé, il y a de fortes chances pour que cette habitude reste acquise et que nous l’intégrions dans notre quotidien, comme si elle avait toujours été là... Hmm… Alors vous je sais pas. Mais en ce qui me concerne, j’ai beau faire é-nor-mé-ment d’efforts d’adaptation depuis 21 jours (toujours pas sortie de chez moi depuis le 16 mars, t’as qu’à voir) je commence quand-même à le trouver un peu… long, ce confinement. Chiant ? Oui. Aussi. Mais depuis quelques jours, c’est surtout mon côté rebelle qui se rebelle, ce qui se traduit généralement par un espr...

Confinement.18

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Vendredi 3 avril. Confinement, jour je sais plus. 18 je crois. Mais je sais que ce soir c’est week-end alors youpiiiii, enfin un peu de repos ! Mon kiné m’ayant lâchement lâchée depuis le début du confinement (barrière corona-truc oblige), je poursuis malgré tout et allègrement la rééducation intensive de mon pauvre pied gauche, qui je vous le rappelle avait bien morflé début février. Le confinement il connaît : 5 semaines d’entraînement d’avance sur tout le monde, à ne pas pouvoir bouger un orteil coincé dans sa botte de RoboCop (avec moi au bout). Il n’en peut plus d’arpenter en long et en large les 60 m² de mon humble demeure. Heureusement que le pied droit l’accompagne pour lui remonter le moral. D’ailleurs j’ai décidé de marcher à chaque fois que j’aurai quelqu’un au bout du fil. Autant joindre l’utile à l’agréable. Et cette méthode me semble assez efficace, puisque le podomètre de mon téléphone me félicite quotidiennement pour les 5 à 6.000 pas...

Confinement.15

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Mardi 31 mars. Confinement, jour 15. La parano me guette mais je suis prudente : je me méfie… Ce matin le constat est sans appel : je dois descendre mes poubelles, sinon mon cagibi va se transformer en syndrome de Diogène. Mais depuis mon dernier voyage en ascenseur il y a… hou-houuuuu, je ne sais même plus combien de temps, il paraît que les choses ont un peu changé à l’extérieur. Alors réfléchissement, réfléchissement… Ma petite voix (qui se mèle tout le temps de ce qui ne la regarde pas) m’a proposé d’aller faire un tour sous l’évier de la cuisine, on ne sait jamais, des fois qu’il me resterait des gants jetables quelque part. Pas con pour une fois la petite voix. La dernière fois que j’en ai vu, c’était pour ramasser les crottes de Mirza qui était venue passer des vacances chez moi l'été dernier, pendant que sa mère (ma fille) se la coulait douce du côté de l’Auvergne. Bingo : deux paires ! Merci la petite voix, deux c’est tou...

Confinement.14

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Lundi 30 mars. Confinement. Jour 14. Début de la troisième semaine. Et Henri Salvador chantait : "Charmante soirée, sur la deuxième chaîne ils passaient le même navet..." ( Zorro est arrivé, 1965) (ça date pas d'hier) (chacun ses références). Même sans réveil, j’ouvre désormais les yeux chaque jour à 7h45 avec une régularité sans faille. Sauf le samedi et le dimanche, faut quand-même pas déconner. Je me lève, je ne bouscule strictement personne et je vaque à mes occupations essentielles : petit déjeuner, salle de bains, déjeuner, vaisselle, programme télé de l’après-midi, applaudissements de 20 heures, film du soir… Je pense que je commence à bien le tenir. J’ai la sensation d’avoir obtenu le rôle principal dans un mauvais remake du film Un Jour Sans Fin . Mais je ne dois pas être la seule alors je ne dis trop rien. D’ailleurs ça devrait plutôt s’intituler Un Jour Sans Faim , vu que je n’ai pas franchement envie de festoyer en solo. Point positif, j’ai ...